Heinrich Schliemann (Neubukow, Mecklembourg, 6 janvier 1822–Naples, 26 décembre 1890), archéologue allemand.
BIOGRAPHIE :
1822 - 1868
Fils d'un pauvre pasteur , Schliemann doit interrompre ses études à 14 ans pour devenir commis d'un épicier. Il vend des harengs et des chandelles pendant 5 ans. Après un accident, il décide de changer de vie. Il s'embarque alors pour le Venezuela. Le bateau fait naufrage au large de la Hollande. Rescapé, il entre comme aide-comptable dans une maison de négoce d'Amsterdam. Il enchaîne plusieurs métiers avant d'être envoyé en 1846 à Saint-Pétersbourg, où il réussit si bien qu'il décide de s'établir à son compte comme négociant en gros.
En 1851, il ouvre un bureau d'achat et de revente de poudre d'or. Sa fortune se construit rapidement. En 1852, il épouse une aristocrate russe, dont il aura trois enfants.
Entre 1858 et 1859, il voyage pour ses affaires, la Californie semble une terre d'avenir, il s'y installe le temps de spéculer sur l'or (c'est la Ruée), il se fait banquier, prête aux mineurs, devient encore plus riche, revient en Russie, profite du blocus et de la guerre de Crimée pour faire commerce d'armes, de munitions, d'approvisionnement, l'argent coule à flots. Il s'installe à Paris. En 1866, il s'inscrit à la Sorbonne en sciences de l'Antiquité et langues orientales. Il continue parallèlement à développer ses affaires (par exemple en achetant des terrains à canne à sucre à Cuba). Ses voyages se poursuivent, tourisme et affaires: l'Égypte, l'Inde, le Japon, la Chine.
Tel Phileas Fogg, il observe, prend des notes, amasse des documents. Au retour, il rédige ses récits de voyage, les fait publier. Il visite Rome et surtout les fouilles de Pompéi. Cette vision le bouleverse et fait revenir à son esprit une très ancienne dilection : son père lui racontait la Prise de Troie, l'expédition des grecs pour reprendre Hélène...
1868 : Shliemann découvre la Grèce
En 1868, il visite la Grèce pour la première fois. La même année, il rencontre Frank Calvert, le vice-consul des États-Unis aux Dardanelles. Celui-ci a acheté la moitié de la colline d'Hissarlik, en Turquie, où les Anciens situaient les ruines de Troie. En 1869, Schliemann divorce et épouse une Grecque, qui lui donnera une fille, Andromaque (née en 1871), et un fils, Agamemnon (né en 1878). La même année, il obtient la nationalité américaine et un doctorat en archéologie.
En 1870, Schliemann décide de commencer des fouilles. Autodidacte, il a appris plusieurs langues anciennes et orientales. Persuadé, comme les Anciens, que les poèmes d'Homère décrivent une réalité historique, il entreprend des fouilles en Grèce et en Asie mineure pour retrouver les lieux qui y sont décrits.
Sur la butte d'Hissarlik, il met au jour les ruines d'une ville qu'il identifie très vite à Troie. Les fouilles de grande ampleur commencent par détruire tout ce qui ne paraît pas contemporain à la guerre de Troie aux yeux de Schliemann. Au total, sept campagnes de fouilles ont lieu. Il met au jour neuf villes superposées et 2 000 objets d'art, principalement des vases. Il engagea notamment un jeune archéologue, Wilhelm Dörpfeld, dont certains ont dit qu'il fut sa plus belle trouvaille et qui devint plus tard le directeur de la Mission archéologique allemande en Grèce.
1874 : Le succès engendre la polémique
Le scandale arrive bientôt. Alors qu'en 1874, Schlieman prétend avoir exhumé le trésor de Priam et les bijoux d'Hélène, le gouvernement turc l'accuse de vol de biens nationaux, mensonge et falsification. Schliemann n'échappe au procès qu'en faisant jouer ses relations et au prix d'une forte amende. L'archéologue fait alors sortir discrètement de Turquie les fragments de bijoux découverts. Le second scandale est scientifique : Schliemann est accusé de s'être trompé dans la datation des objets retrouvés. En 1889, l'archéologue doit admettre son erreur. Suite à ces affaires, Schliemann est interdit de séjour en Turquie.
Il découvre ensuite les ruines de Mycènes, Orchomène et Tirynthe, et fouille à Ithaque. Très vite, on pense avoir prouvé la validité des descriptions d'Homère : Schliemann retrouve un masque d'or que l'on pense être celui d'Agamemnon, le roi des rois, un grand bouclier de peaux de bœuf recouvertes de bronze, décrit dans L'Iliade comme appartenant à Ajax le grand, ou encore une coupe ornée de clous d'or, attribuée dans le poème à Nestor. On assimile donc la civilisation de Mycènes à celle décrite par Homère.
Des travaux ultérieurs, comme ceux de Ventris et Chadwick sur le linéaire B, démontrent plus tard que la thèse n'est pas soutenable. Par ailleurs, au regard des exigences actuelles des techniques archéologiques, les fouilles de Schliemann n'ont pas été faites selon les règles de l'art. Malgré tout, il reste le pionnier de l'archéologie grecque, et a ouvert la voie aux recherches sur la civilisation mycénienne.
SES DECOUVERTES
Mycènes (en grec ancien Μυκñναι / Mykễnai)
(Porte des Lions)
Située sur une colline au nord-est de la plaine d'Argos, Mycène était entourée de murs cyclopéens (assemblage de blocs énormes). Selon la mythologie Grecque, elle fut fondée par Persée et fut le royaume du héros homérique Agamemnon, qui conduisit l'armée grecque lors de la guerre de Troie. Homère la dit « riche en or », mais sa grandeur n'a pas survécu à l'âge héroïque et elle fut éclipsée par la montée d'Argos. Cette civilisation disparut, suite à l'invasion des doriens. En effet, ces envahisseurs avaient des armes en fer, qui ont brisé celles des mycéniens qui étaient en bronze.
Orchomène (En Grec Orkhómenos)
Orchomène est le nom de plusieurs Cités états Grecques et en particulier d'une cité de Béotie, au Nord de la plaine du Copaïs (ou Copaïde). Cette cité est située à l'embouchure d'une riviere dans laquelle finissait l'Hippocrene (Lieu de prédilection des Muses) dans les écrits des poëtes.Le site devient particulièrement important lors de l'époque Mycénienne et les dirigeants étaient enterrés dans de magnifiques tombes, connues sous le nom de trésor de Minyas.
Tirynthe (en grec ancien Τίρυνς / Tíryns)
Tirynthe est l'une des grandes villes mycéniennes de l'Argolide. Reconnue par H. Schliemann en 1876, elle fut fouillée par lui à partir de 1884, puis par des missions allemandes depuis 1905. Sur le sommet de l'éperon allongé qui s'élève à 26m au-dessus de la plaine, une première fortification fut élevée vers la fin de l'Helladique ancien II, autour de 2300 av. J.-C., là où fut érigé un millénaire plus tard le palais mycénien. Elle avait la forme d'une gigantesque tour circulaire, son diamètre atteignant presque 28m. Il est probable que parmi les multiples fonctions qu'elle remplissait figurait aussi celle de silo à blé.
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